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Pensées...

L'art

Lorsque l'art se met en route à la recherche de la beauté, il est semblable au cœur qui chemine en quête de spiritualité.

En quête

Et j'étais en quête...J'ai tant cherché sans jamais rien trouver...Je rendais mon esprit coupable de sa paresse, coupable de son ignorance, coupable de manquer d'intelligence...Mais un jour, dans l'intimité d'une prière, j'ai compris qu'il y avait un endroit où je n'avais pas cherché, un lieu tellement immense, qu'une vie ne suffirait pas à tout découvrir. Ce lieu c'est mon coeur. Il battait à l'intérieur de moi, je ne l'entendais pas, je ne l'entendais plus...Aujourd'hui j'apprends à écouter mon coeur et j'apprends surtout à me taire car rien n'est plus beau que le son du coeur qui bat, une percussion intérieure à laquelle s'ajoute la mélodie de la vie. Mettre les notes en ordre sur une partition, éviter les fausses notes, les silences maladroits, mettre son coeur au service de cette belle mélodie qu'est la vie. Il y aura le bruit assourdissant des épreuves qui répondra à la douce harmonie de la foi et de l'amour. Trouve ton équilibre dans le sens, dans ta paix, dans tes prières, en ton coeur...

Lille, le 2 Janvier 2016

Spiritualité du matin

Chaque jour, il faut apprendre à se nourrir de la spiritualité du matin. Être avec soi quand le monde dort. Tu sens la nuit qui t'a protégé, apaisé, enveloppé. Une nuit qui laisse place au tumulte du jour, un monde qui s'éveille comme un doux grondement intérieur. Spiritualité du matin qui t'aide à vivre le jour. Travail, famille, quête, épreuves...La spiritualité du matin c'est une prière, un moment de méditation, un moment de réflexion, de remise en question. C'est le moment d'écouter ce monde dans le silence pour mieux vivre le bruit qui attend ta journée. Et c'est là que tu comprends les signes de la nuit qui laisse place au jour.

Lille, 29 Janvier 2015

Vis...

Tu ne joueras jamais un texte ou un scénario dont tu es l'auteur de la même manière qu'un texte ou un scénario écrit par un autre. Le spectacle de ta vie doit être écrit par toi-même. Déchire en mille morceaux celui qu'on a voulu écrire pour toi...

15 avril 2010

Mon coeur est partout

En France, on me fait parfois comprendre que je ne suis pas français parce que je suis né au Maroc. Au Maroc, on me fait comprendre que je ne suis pas marocain, parce que j'ai grandi en France. En Arabie Saoudite on me fait comprendre que je ne suis pas musulman parce que je vis en Occident. Cela me va bien. A tous ceux-là je dis : "Si pour vous je suis nulle part, mon coeur lui, a sa place partout."

25 Février 2010
Galerie
Bordeaux, Hôtel de Ville
Le Pont Galliéni
Menara
La Koutoubia
Le Pont Pasteur

Les mots au service de l'observation du monde - Partie 2




          Dans la première partie, j'ai proposé une piste de réflexion sur la manière de mettre en scène le monde qu'on propose au lecteur à travers l'exemple de la Chanson de Roland. L'objectif était d'expliquer que ce récit avait d'abord parcouru trois siècles via la tradition orale avant d'avoir été consigné par écrit. La retranscription de cette chanson de geste à l'écrit a permis de créer plus de mises en scènes, plus d'émotions et aussi quelques erreurs historiques. En effet, l'écrit peut altérer la réalité et peut être détourné à des fins politiques ou idéologiques. En passant, la plupart des historiens s'accordent à dire que l'armée que Charlemagne a confiée à Roland n'a pas combattu les musulmans, mais les Vascons (qui se situaient dans la région du Pays Basque actuel). L'écrit possède cette capacité d'altérer ou de « manipuler » la réalité et propose une certaine idée du monde au lecteur. Il ne s'agit pas de savoir si la manipulation est volontaire ou non. Il s'agit de démontrer qu'une personne qui veut se lancer dans l'écriture doit savoir « créer » un monde dans lequel le lecteur va se promener.
 
          Pour cela, il est important de développer notre capacité d'observation. Elle existe en chacun de nous. Dix personnes peuvent observer une situation, mais la manière dont ils vont la raconter sera différente. Chacun aura ses propres mots ainsi que les images qu'il souhaite. Ce constat est plus marquant lorsque les différences culturelles s'expriment. L'environnement dans lequel on grandit, notre histoire personnelle ainsi que nos expériences sont des facteurs qui déterminent notre regard au monde et qui modélisent notre discours. La perception de chaque individu est unique. C'est aussi ce qui rend l'humain tellement fascinant. Raconte-moi comment tu vois le monde, je te dirais comment je vois le mien et nous serons tous les deux riches de nos visions. Ce monde nous raconte de belles histoires que nous pouvons conter et écrire ensemble.
 
          Au sujet des différents regards sur le monde, je vous propose deux exemples de la littérature française. Le premier exemple est celui de Balzac dans Le Père Goriot. Voici comment il décrit l'une des pièces de la pension dans laquelle le Père Goriot réside :
 
« Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu'il faudrait appeler l'odeur de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance ; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements ; elle a le goût d'une salle où l'on a dîné; elle pue le service, l'office, l'hospice. »
 
Dans le deuxième exemple voici comment Zola, dans L'Assomoir, décrit une chambre :
 
« Et, lentement, de ses yeux voilés de larmes, elle faisait le tour de la misérable chambre garnie, meublée d'une commode de noyer dont un tiroir manquait, de trois chaises de paille et d'une petite table graisseuse, sur laquelle traînait un pot à eau ébréché. »
 
          Quand Balzac nous pousse à utiliser nos sens invisibles pour nous imprégner de la description de la pièce, Zola lui, fait appel à la réalité de nos sens visibles. Avec Balzac, l'odeur guide nos pas et il n'y a aucune description formelle de la pièce. Avec Zola, on découvre les détails du mobilier de la pièce à travers le regard d'une femme (Gervaise). Balzac nous fait sentir, Zola nous fait voir. La pension du Père Goriot se vit à travers le regard de l'auteur alors que la chambre de Gervaise dans L'Assomoir se découvre à travers le regard et les émotions du personnage.
 
          On peut donc présenter le monde qu'on décrit de la manière qu'on souhaite et au travers de n'importe quelle fenêtre. La beauté de ce monde ne réside pas tant dans ce qu'on observe de lui, mais dans notre capacité à le raconter pour le faire vivre dans l'esprit et le cœur de celles et ceux à qui nous offrons nos mots. La meilleure manière de créer un style unique dans la description du monde, c'est de laisser voyager notre côté le plus naturel et notre authenticité. Il n'est pas utile de ressembler à d'autres. La méthode que vous utiliserez pour décrire le monde est d'abord inspirée par le regard pur et naïf que vous lui portez. Votre cœur présentera les émotions et votre raison ordonnera les éléments matériels de ce que votre regard reçoit.
 
Khalid MOSSAYD, 3 Juillet 2017